NB : - l'église St Brice de Marly est ouverte tous les jours de 10h à 17h (8h à 17h le dimanche)
- l'église Saint Martin de Metz-Magny les vendredis, samedis, dimanche et jours fériés de 14h à 18h (printemps, été) - 14h à 17h (automne, hiver)
- l'église Saint Jean-Baptiste d'Augny toute la semaine de 10h à 16h (en hiver)
NB : à partir du 15 août jusqu'au 6 décembre 2026, l'église Saint Jean-Baptiste d'Augny sera fermée pour travaux - aucun office n'y sera célébré durant cette période
CELEBRATIONS :
Passerelle semaine du 12 au 19 avril 2026
Lundi 20 avril 2026

Sainte Odette
« Les Apocalypses révèlent l’incapacité à être maître absolu de notre destin »
« L’Apocalypse a repris du service. Cette bonne vieille littérature qui était devenue totalement étrange et étrangère à notre culture est en train, à la faveur des catastrophes, des accidents et des cataclysmes qui font tout le tragique de notre actualité, de nous (ré)apprendre que le mal est toujours en embuscade, qu’il y a et qu’il y aura toujours, au cœur de la condition humaine, des ratés et des défaillances, du non-programmable et du non-contrôlable, des guerres qui n’attendent qu’à se réactiver, des impondérables et toutes sortes de grains de sable qui font capoter l’optimisme des naïfs et qui brisent le cours tranquille des choses.
Et il y a aussi, pour chacun, des petits cataclysmes intérieurs provoqués par des événements inattendus qui vous tombent dessus sans crier gare, la maladie, la perte d’un proche, la trahison d’un ami, la brutalité d’une rupture… Mais, tout aussi bien, des instants privilégiés d’éblouissement, de ravissement, qui vous font éprouver la présence furtive de Dieu. Qu’il s’agisse d’événements planétaires ou d’événements intimes, l’Évangile nous invite à les appréhender comme des Apocalypses précisément, c’est-à-dire des révélations de ce qu’est l’homme devant Dieu, dans son incapacité à être le maître absolu de son destin et, ce faisant, dans sa capacité à s’ouvrir à l’infini qui le dépasse. Dieu n’est pas mort.
Dieu n’est pas mort, en dépit de la sécularisation et de la considérable inculture religieuse qui règne. Enfin une bonne nouvelle pour le clergé français, qu’a littéralement sidéré l’explosion du catéchuménat. Les sociologues se sont empressés de montrer les limites de ce phénomène et d’appeler les évêques à ne pas céder au triomphalisme, d’autant plus que la plupart des nouveaux baptisés et des “recommençants”, dans leur soif d’absolu, sont en train de s’inventer un catholicisme identitaire qui emprunte, par mimétisme, sa ferveur à la jeunesse musulmane et qui, sous l’influence des réseaux sociaux et des influenceurs du jeune clergé, renoue avec le traditionalisme préconciliaire.
Dieu n’est pas mort. L’expérience croyante constitue un démenti à l’avis de décès publié naguère par Nietzsche : “Dieu est mort. C’est nous qui l’avons tué.” L’affaire serait réglée si ne nous revenait à la mémoire son fameux aphorisme : “Dieu est mort étouffé de théologie.” Nous y avons contribué, nous autres gens d’Église qui avons fait d’elle une secte cultivée aux certitudes arrogantes, aux réponses “récitées d’avance”, aux ressassements dogmatiques, quand il aurait fallu se laisser surprendre et interroger par ce que Dieu nous dit en son silence et tourner notre regard vers l’homme blessé sur la route de Jéricho dont il est question dans la parabole du bon Samaritain. Cette parabole dont Paul VI a pu dire qu’elle avait été “le modèle et la règle de spiritualité du Concile”.
Benoît XVI, dans son encyclique Deus caritas est, en a fait le seul programme que puisse défendre l’Église, parce qu’il est celui de Jésus. En s’identifiant ainsi au Samaritain, l’Église ne cherche pas à défendre son particularisme ou un quelconque exclusivisme mais sa vocation à être servante et pauvre, et à prendre humblement sa part dans le soin à apporter à l’humanité en répondant aux urgences du présent.
La nouveauté de la parabole évangélique, c’est d’avoir ouvert un espace de fraternité sans frontières, qui donne à l’Église la grâce d’offrir l’hospitalité à tous les Samaritains du monde. Ils inventent une sainteté de proximité dont il arrive qu’elle les ouvre à la révélation du Dieu très Saint qui, en Jésus, s’est fait le prochain de tout homme. Ce sont leurs témoignages qui viennent au secours de la charité, que nous ne vivons souvent que par procuration, et nous donnent de le croire vraiment : Dieu n’est pas mort, et de nous rendre athées de tous les faux dieux qui ensorcellent le monde, les dieux nationalistes, identitaires, fascistes, terroristes… Le culte rendu au Dieu UN, Tout Autre, trouve sa vérité et son accomplissement dans l’amour des autres, de tous les autres. Si nous ne voulons pas le réduire à nos sympathies naturelles, à notre narcissisme possessif, à nos passions dévorantes, et l’abandonner aux variations saisonnières de nos états d’âme, l’amour des autres exige le même respect que nous devons à l’unicité et à l’altérité du Tout Autre. »
Robert SCHOLTUS – Journal « la Croix »