NB : - l'église St Brice de Marly est ouverte tous les jours de 10h à 17h (8h à 17h le dimanche)
- l'église Saint Martin de Metz-Magny les vendredis, samedis, dimanche et jours fériés de 14h à 18h (printemps, été) - 14h à 17h (automne, hiver)
- l'église Saint Jean-Baptiste d'Augny toute la semaine de 10h à 16h (en hiver)
CELEBRATIONS :
Passerelle semaine du 8 au 15 fe vrier 2026
Vendredi 13 février 2026
Sainte BéatriceF
EDITO
Évêque de Nanterre et l’un des porte-parole des évêques de France sur la question de la fin de vie, Mgr Matthieu Rougé défend la légitimité des catholiques à s’exprimer dans le débat public sur la proposition de loi portant sur l’aide à mourir.
La Croix : Pourquoi, et en s’appuyant sur quelle argumentation l’Église catholique intervient-elle dans le débat sur « l’aide à mourir » ?
Mgr Matthieu Rougé : C’est la mission d’être au service de la dignité humaine dans toutes ses dimensions, qui conduit les évêques et beaucoup de chrétiens à intervenir sans relâche dans le débat sur la fin de vie. Il ne s’agit pas d’imposer une vision confessionnelle mais d’exprimer ce qui est fondateur de la vie en société : le respect inconditionnel de la vie de chacun. Notre foi enracine et stimule cette attention mais nous la partageons avec d’autres croyants et avec des non-croyants. Ce qui est en cause dans ce débat n’est pas seulement une question d’éthique biomédicale mais la condition de possibilité de l’authentique fraternité.
L’Église vous paraît-elle audible chez l’ensemble des catholiques mais aussi au-delà, dans la société tout entière, sur cette question ?
Beaucoup de catholiques et de non catholiques nous remercient de prendre la parole. De nombreux fidèles sont d’ailleurs engagés aux avant-postes de l’accompagnement de la vie fragilisée. Notre message n’est pas seulement opposition à l’euthanasie et au suicide assisté, mais aussi encouragement à s’engager auprès des personnes en grande fragilité. Les catholiques ont joué un rôle important dans la naissance des soins palliatifs en France, à la clinique Notre-Dame-du-Lac de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et à la maison Jeanne-Garnier de Paris. Nous sommes aujourd’hui à l’écoute de très nombreux acteurs du monde médical et palliatif, croyants ou non, qui nous encouragent fortement à persévérer dans notre engagement.
Au Sénat, certains ont pointé les convictions religieuses, réelles ou supposées, des opposants à la proposition de loi pour disqualifier leur point de vue : qu’en pensez-vous ?
C’est un grand classique de nos débats parlementaires que de discréditer une option éthique au prétexte qu’elle serait confessionnelle. La ficelle est un peu grosse et les parlementaires sont facilement en mesure de rendre raison de leurs positions législatives indépendamment de leurs convictions, ou de leur absence de convictions, religieuses. Il n’est légitime pour personne d’exercer des pressions mais il est décisif que tous, dans notre société pluraliste, puissent participer pleinement à la conversation démocratique, qu’ils ne soient pas croyants ou qu’ils le soient. Il faut pour cela que chacun se situe bien au niveau de la raison éthique.
Comment l’Église cherche à convaincre au-delà de son cercle que s’opposer à « l’aide à mourir » est possible ? Les catholiques dans leur ensemble, et pas seulement les évêques, sont invités à s’impliquer sur ce sujet : par leurs contacts avec les parlementaires, par leur manière de s’exprimer dans leurs réseaux personnels et surtout par leurs engagements concrets auprès des personnes en grande fragilité et en fin de vie. Il est important aussi d’aller à la rencontre le plus largement possible des médias non confessionnels. L’accueil y est d’ailleurs le plus souvent respectueux et bienveillant. Sur ce sujet très sensible, il faut toujours allier la fermeté des convictions et la mesure du ton. Et puis, n’oublions jamais la force de la prière, avant de prendre la parole et plus largement pour porter la cause de la dignité humaine.